IMPACT RAISONNE - Revue de presse et informations sur l'environnement

Des arbres dans le desert

Des petites gaines pour cultiver le desert, Liberation, 29/12/07
Jeanne Beutter, Reporters d’espoirs

Un procede simple mais revolutionnaire permet de faire pousser
des arbres fruitiers au Sahel.
Certaines innovations nous inspirent des «oui, mais bien sur
!». Celle de Jacques Gasc en fait partie. Ce Francais
d’origine russe ne au Bresil et habitant l’Afrique depuis
quarante-cinq ans est agronome et economiste de formation.
Depuis quinze ans, il plante au Senegal pres de 30 000 arbres
chaque annee, avec comme soutien principal le Rotary
International.
Gaine. Au Sahel, la fertilite du sol n’existe qu’a partir
de 1,50 m de profondeur. Sous les 35 a 40 °C habituels,
l’arrosage en surface s’avere inefficace, l’eau
s’evapore. Les arbres peinent a s’enraciner et meurent.
Le procede Irrigasc, invente par Jacques Gasc, est on ne peut
plus simple. Une gaine en plastique biodegradable de 1,20 m
est plantee a 10 cm de chaque arbre, fermee a sa base, percee
sur un cote et emplie de sable et de compost. En surface, un
reservoir (recupere lorsque l’arbre arrive a maturite)
recoit un litre d’eau trois fois par semaine. Un litre
suffit car l’eau s’ecoule progressivement par les trous
et entretient l’humidite du sol. Les racines de l’arbre
sont entrainees vers le fond et atteignent la terre fertile
en dix-huit mois. Avec dix fois moins d’eau que dans une
plantation classique, les racines peuvent atteindre en
quelques annees jusqu’a 20 metres de profondeur.
L’equipe d’Irrigasc pratique egalement l’arboriculture
fruitiere. Manguiers, anacardiers et gaines d’irrigation
sont distribues gratuitement aux paysans du Sahel. En echange,
ils s’engagent a assurer la bonne sante des arbres, a
creuser un puits sur leur exploitation afin d’etre
autonomes pour l’arrosage et a cloturer leur champ avec
des arbustes epineux pour proteger les plants des animaux
sauvages. Si l’arbre meurt, le proprietaire devra payer
une amende de 1 000 francs CFA (soit 1,50 euro).
«Millionnaires». En quinze ans, seulement trois paysans sur
pres de 5 000 familles ont failli au contrat. Un manguier de
sept ou huit ans peut produire 400 mangues par an a
100 francs CFA piece (0,15 euro). Et les fruits sont bio !
Le procede fait economiser 90 % d’engrais. Les premieres
annees, le revenu annuel des acquereurs est multiplie par
trois, et par pres de dix au bout de huit ans. Certains
journaux locaux parlent meme de «millionnaires» pour
designer les proprietaires des «arbres Irrigasc». «Un
moyen de faire bien avec peu, affirme Jean-Marie Pelt,
botaniste-ecologiste-toxicologue et president de l’Institut
europeen d’ecologie.C’est une revolution pour
l’arboriculture saharienne.»
Apres 500 000 arbres fruitiers plantes depuis 1992 au
Senegal, ce qui represente l’equivalent de 2 500 hectares,
Jacques Gasc continue son action. Ne en 1930, il affirme
avoir encore cinquante ans devant lui. De nouvelles
plantations sont prevues au Senegal, au Mali et au Niger
en 2008 pour enfin «reverdir le Sahel».
http://www.liberation.fr/actualite/societe/le_libe_des_
solutions/300839.FR.php
En savoir plus :
<http://www.irrigasc.com>


Article ajouté le 2008-02-23 , consulté 103 fois

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