L'équipage, accueilli par la foule sous le ciel sans nuages du port de North Marina
Cove, s'est montré heureux et également assez fier d'avoir atteint son but.
Le
skipper Michel Thonney a indiqué qu'en bon marin, il n'était pas homme à beaucoup
parler. Il avait cependant un message à faire passer après cette expérience unique:
«Le soleil est le carburant de l'avenir».
A leur arrivée, les cinq membres d'équipage
ont été accueillis par le consul général de Suisse Christoph Bubb et par des
représentants de la ville de New York. Le maire de la ville, Michael Bloomberg, les a
félicités dans un message de bienvenue.
De nouveaux jalons
Christoph Bubb a déclaré qu'avec son périple, l'équipage avait posé de nouveaux
jalons en matière d'utilisation de l'énergie solaire. Cette performance donne l'image
d'une suisse innovante en matière de recherche et de formation, a indiqué le consul
général, des thèmes qui sont d'ailleurs au cœur de «ThinkSwiss», l'actuelle campagne
de Présence Suisse aux Etats-Unis.
Le bateau solaire était parti de Bâle en octobre
2006. Le 3 décembre, le catamaran quittait le continent européen pour atteindre la Martinique
le 2 février, après 29 jours de traversée de l'Atlantique. De là, le voyage de sun21 s'était
poursuivi vers Miami, puis le long de la côte américaine en direction de New York.
Le
voyage s'est déroulé sans panne majeure. Les dieux de la météo se sont montrés favorables,
même si l'équipage a parfois dû naviguer sur une mer agitée et à travers des vagues
atteignant jusqu'à sept mètres de haut.
Potentiel confirmé
Outre leurs sponsors qui ont rendu l'aventure possible, le skipper Michel Thonney, le
constructeur du bateau Markus Wüst, le biologiste marin David Senn, le médecin
Martin Vosseler et l'historien Beat von Scarpatetti ont remercié le soleil.
Le but de
cette traversée de l'Atlantique était en effet de prouver le potentiel de l'énergie solaire
dans le domaine de la navigation. «Nous y sommes parvenus, a déclaré Martin
Vosseler. Nous voulions prouver à petite échelle ce qui doit être réalisé à grande
échelle si nous voulons désamorcer les menaces du changement climatique.»
Selon le médecin, il ne faut en aucun cas céder au fatalisme. Il faut en revanche
beaucoup de créativité et des actions courageuses pour aider les énergies propres
à percer.
«L'énergie nucléaire n'est pas une solution, a encore déclaré Martin
Vosseler à swissinfo. Mais avec le soleil, nous avons à une distance respectable de
la
Terre une centrale au potentiel incroyable qu'il suffit d'utiliser.»
Selon le médecin,
l'énergie solaire offre aussi de nombreuses opportunités en matière de développement
économique. «Ne manquez pas cette chance», a demandé Martin Vosseler aux
politiciens de Suisse et du monde.
Bonnes et mauvaises nouvelles
Le biologiste marin David Senn a profité de ce voyage à travers l'Atlantique pour se
livrer à quelques études. «J'ai découvert une fascinante diversité de micro-organismes,
a-t-il indiqué. C'est très important, car toute la vie dépend du plancton.»
En revanche,
plus le bateau avançait vers l'ouest, moins la situation des dauphins et des baleines
semblait bonne. «C'est un signe clair de la surpêche», analyse le biologiste. Par ailleurs,
les déchets laissés dans la mer représentent un problème grave.
A New York, l'équipage
va maintenant participer à plusieurs manifestations en relation avec l'énergie solaire.
La Suisse organisera notamment une discussion dans le cadre de la session de la
commission des Nations-Unies pour le développement durable.
swissinfo, Rita Emch, New York, 9 maggio 2007
(Traduction de l'allemand: Olivier
Pauchard)
Catamaran 21
Pendant sa traversée de l'Atlantique – du port espagnol de Chipiona jusqu'à la
Martinique – le catamaran a produit environ 2000 kWh d'énergie solaire.
Long de
14 mètres et large de 6 mètres, le bateau fonctionne uniquement à l'énergie solaire.
La moitié de l'énergie absorbée durant la journée par les cellules solaires est
emmagasinée dans des batteries, ce qui permet au bateau de continuer à se mouvoir
durant la nuit. Si le ciel reste longtemps nuageux, la vitesse s'en trouve réduite.
Le catamaran peut naviguer à une vitesse maximale de 9 nœuds (environ 16,5 km/h).
Sa vitesse moyenne est de 5 à 6 nœuds (10-12 km/h).
Le bateau a été construit
par l'entreprise MW-Line d'Yverdon, dans le canton de Vaud. De catamarans du même
type avaient été utilisés durant l'Exposition nationale 02 sur les lacs de Neuchâtel, de
Bienne et de Morat.
FAITS MARQUANTS
- La construction du sun21 a coûté environ 900'000 francs.
- Avec cette traversée de l'Atlantique, le bateau devrait entrer dans le Guiness
- Book des records.
- Le catamaran sera rapatrié en Europe par cargo et remis au WWF Madrid qui
- l'utilisera pour des projets de défense de l'environnement.
- Le projet sun21 a été financé par une fondation privée tout spécialement
- créée pour l'occasion (Transatlantic21) et par d'autres
- sponsors privés.
Commentaires