IMPACT RAISONNE - Revue de presse et informations sur l'environnement

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Catégorie 2-3 Actualités internationnales

Vol du bois précieux Malgache

Madagascar. Alerte au trafic d’ebene et de palissandre, Courrier International, 05/11/09
Catherine Brahic, New Scientist
 
L’instabilite politique de la Grande Ile favorise les activites illegales nuisibles a l’environnement. Des especes rares sont menacees d’extinction.
Des lemurs grilles et des bandes criminelles qui exportent des bois precieux : voila le triste etat des lieux de la legendaire bio diversite de Madagascar. Depuis qu’un coup d’Etat a oblige le president a demissionner, en mars 2009, les defenseurs de l’environnement et les biologistes voient les bucherons decimer les forets du pays et braconner les especes protegees. En l’absence d’un gouvernement suffisamment stable pour faire appliquer la reglementation et les lois, des organisations criminelles n’ont pas tarde a exploiter la faune et la flore – toutes deux exceptionnelles – de ce pays. “On a assiste a une veritable ruee des trafiquants de bois et des braconniers ; ils s’en donnent a cœur joie en attendant que les autorites se reorganisent et mettent un terme a leurs activites”, explique Edward Louis, biologiste specialiste des questions de protection de l’environnement et de biodiversite au zoo d’Omaha, dans le Nebraska, aux Etats-Unis, qui a travaille a Madagascar pendant dix ans. En aout, l’ONG Conservation International rapportait que quinze trafiquants de “viande illegale”, engages par un restaurant, avaient ete arretes alors qu’ils transportaient des centaines de lemurs – une espece protegee – qui avaient ete tues et rotis. “C’est arrive dans l’un des parcs nationaux les mieux geres du pays, explique le Pr Louis. Si cela s’y est produit, je ne peux meme pas imaginer ce qui se passe ailleurs dans le pays.” Madagascar est parfois appelee le huitieme continent en raison de la diversite de ses especes, tant animales que vegetales, dont beaucoup n’existent que sur l’ile. Ainsi l’ile abrite une centaine de lemuriens qui constituent des especes endemiques.
En matiere de flore, des donnees collectees par l’organisation ecologiste Global Witness montrent qu’au minimum 120 palissandres et ebeniers, d’une valeur estimee a 480 000 dollars, quittent quotidiennement Masoala, le plus grand parc national de Madagascar. Au moins treize trafiquants, connus localement sous le nom de “mafia du palissandre”, achetent le bois et l’exportent, principalement vers la Chine. Les ecologistes affirment que l’abattage illegal detruit les parcs nationaux de l’ile et a des repercussions nefastes sur les animaux de la foret. “Il faut faire quelque chose rapidement, sinon le pays aura tout perdu d’ici un an environ”, plaide le Pr Louis.
Pour une part, le probleme tient au fait que l’eviction de l’ancien president, Marc Ravalomanana, a entraine un effondrement du tourisme, si bien que les parcs nationaux et divers projets de conservation, tout comme la population, n’ont plus d’argent. “Les Malgaches n’y sont pour rien”, assure Edward Louis. Mais le fait que les donateurs internationaux ont suspendu leur aide contribue a aggraver la situation sous l’angle ecologique. En outre, le gouvernement provisoire d’Andry Rajoelina cultive une certaine ambiguite en ce qui concerne l’abattage illegal. Apres avoir dans un premier temps ferme l’un des principaux ports d’exportation de palissandre, il a emis un decret interministeriel autorisant la vente et l’exportation de 750 tonnes de bois. “Cela revient non seulement a legaliser, une fois de plus, les billes de bois illicites, mais a encourager l’abattage d’autres arbres”, deplore Reiner Tegtmeyer, de l’ONG Global Witness.
Vivement preoccupees, quinze ONG – dont le WWFConservation International et la Wildlife Conservation Society – ainsi que des scientifiques ont appele le gouvernement a annuler le decret. “Madagascar abrite 47 especes de palissandres et plus de 100 especes d’ebeniers qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et leur exploitation en amene certaines au bord de l’extinction”, ecrivaient-ils dans une lettre ouverte datee du 7 octobre 2009. “Des milliers de billes de palissandre et d’ebene, toutes debitees illegalement, sont stockees dans les ports de la cote est de Madagascar”, lit-on dans cette lettre. “Le decret le plus recent va permettre leur exportation et certainement encourager une nouvelle vague de pillage de l’environnement.” Ce groupe d’ONG invite les consommateurs de bois precieux a boycotter celui en provenance de Madagascar.
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Maree noire
Un rapport scientifique finance par le WWF revele l’ampleur de la maree noire provoquee par le naufrage du vraquier Gulser Ana le 26 aout dernier au large de Faux Cap, a l’extreme sud de Madagascar. Neuf baleines se sont echouees. Plus de la moitie des 40 000 personnes que compte la region ont ete affectees par l’interdiction pour trois mois de la peche, qui constitue une source de revenus vitale. Les habitants souffrent en outre de problemes respiratoires et de maladies cutanees et diarrheiques.
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Posté le 18/11/2009 | 1 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

S'ils y arrivent que faisons nous? ...Costa Rica

Costa Rica : objectif zero carbone pour 2021, Bilan du Monde, 10/11/09, 19h05
Jean-Michel Caroit, de Saint-Domingue
 
Le president du Costa Rica, Oscar Arias, veut faire de son pays un modele de la lutte contre le rechauffement de la planete. "Le developpement du Costa Rica sera vert ou ne sera pas", repete-t-il regulierement dans ses discours. Le Prix Nobel de la paix (1987) a promis que le Costa Rica serait "neutre" en matiere d'emissions de carbone des 2021 : a cette date, a-t-il dit, le pays centramericain ne contribuera plus au rechauffement global, car il aura reduit ses emissions de gaz a effet de serre ou les compensera par la reforestation. "Aucun autre pays de la planete ne s'est fixe pour objectif d'etre neutre en emissions de carbone en 2021. Les pays scandinaves se proposent de l'etre en 2040", soulignait-il, en septembre, lors de la presentation de sa "strategie nationale contre le changement climatique".
Un " manuel " de 109 pages detaille les mesures pour lutter contre l'emission de gaz a effet de serre. Elles ne seront pas obligatoires. Mais les services publics et les entreprises seront incites a les mettre en œuvre. "Nous aurions prefere qu'elles soient obligatoires. Mais ce manuel suggere aux entreprises des alternatives pour etre competitives sur le marche d'aujourd'hui, afin que tout le monde gagne", precisait Jorge Rodriguez, le ministre de l'environnement, lors du lancement de cette " strategie nationale ". Les pouvoirs publics s'engagent a accelerer la substitution des carburants petroliers par des agrocarburants et a developper les transports publics electriques et les pistes cyclables. D'autres mesures doivent inciter la population a recycler les dechets et a proteger les ressources en eau. Le tourisme respectueux de la nature sera favorise.
Le Costa Rica a developpe depuis la fin des annees 1980 un important dispositif institutionnel et juridique pour proteger l'environnement. La reforme constitutionnelle de 1994 a consacre "le droit a un environnement sain". Cree en 1989, l'Institut national de biodiversite (INBio) est devenu une reference dans la region en matiere de recherche et de politiques de protection de l'environnement. L'equilibre ecologique est l'une des priorites de la politique exterieure costaricaine. Le ministere des relations exterieures dispose d'un service de l'environnement qui joue un role actif dans les forums internationaux.
N'occupant que 0,1 % de la superficie de la Terre, le Costa Rica abrite environ 3 % de sa biodiversite. Les parcs nationaux et les zones protegees couvrent plus de 13 000 km2, environ le quart du territoire. En fevrier 2008, le president Arias a affronte Occidental, un puissant groupe touristique espagnol. L'un de ses hotels sur la cote Pacifique, Allegro Papagayo, a ete temporairement ferme pour avoir rejete des matieres fecales, sans traitement, dans la mer. "Je suis sur que tous les hotels vont desormais faire attention", avait alors declare le ministre du tourisme, Carlos Ricardo Benavides. Deuxieme source de devises du pays, le secteur touristique costaricain soigne son image internationale de destination ecologique. Tous les ans, les plages sont soumises a un rigoureux examen de la qualite de leurs eaux et de leur proprete. 70 % d'entre elles ont obtenu le "drapeau bleu ecologique". Lance en 1996, ce programme a ete accueilli favorablement par la plupart des hoteliers. "Respecter l'environnement, c'est bon pour les affaires", resumait Miguel Fernandez, le gerant du complexe touristique Punta Leona a Garabito de Puntarenas, sur l'ocean Pacifique. Les industriels s'interessent aussi aux benefices du "label vert". Sardimar, l'une des principales conserveries de poissons et de fruits de mer d'Amerique centrale, a recemment investi 7 millions de dollars (4,5 millions d'euros) pour une unite de traitement des dechets organiques et de production de biogaz. "Les technologies vertes sont un argument de vente aupres de nombreux clients en Europe et en Amerique du Nord", soulignait Tomas Gilmore, le gerant de la societe. D'importantes plantations d'ananas, accusees de polluer des rivieres, ont investi dans de nouveaux procedes de production plus responsables. Plusieurs ecologistes et deputes de l'opposition ont pourtant denonce "le double langage" d'Oscar Arias. "Il vante son “Initiative de paix avec la nature” en Europe mais autorise de dangereux projets immobiliers, miniers et petroliers?", accuse le biologiste Freddy Pacheco. Le permis accorde a la compagnie canadienne Infinito Gold pour le developpement de la mine d'or a ciel ouvert Las Crucitas a suscite la colere des ecologistes et les protestations du Nicaragua, qui craint qu'elle ne pollue le fleuve rio San Juan.
L'accord signe avec le groupe etatique chinois de gaz et de petrole CNPC pour l'exploration d'hydrocarbures inquiete aussi les defenseurs de l'environnement. Le veto oppose en novembre 2008 par le president Arias a une loi de participation citoyenne votee par le Congres (parlement) est, selon eux, la preuve du "double discours presidentiel". Cette loi prevoyait de consulter les populations concernees par referendum avant d'approuver tout projet susceptible d'affecter l'environnement. Les associations patronales s'y etaient opposees, affirmant qu'elle constituerait un obstacle aux investissements.
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Le "Bilan Planete" 2009
L'article ci-contre est extrait d'un numero hors-serie du "Monde" intitule "Bilan Planete", en vente en kiosque depuis mardi 10 novembre. Cette publication est accompagnee d'un CD-ROM sur "Les enjeux du developpement durable en 50 cartes animees", realise avec les editions Autrement.
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Un veritable jardin planetaire
Depuis le developpement, en 1963, d’un premier parc naturel, la « Reserva Natural Absoluta Cabo Blanco » a 115 kilometres au sud-ouest de San Jose, suivi de la creation de vingt-cinq autres, le Costa Rica abrite des milliers d’especes differentes. C’est un veritable jardin planetaire qui compte 220 especes de reptiles – dont la redoutable vipere fer de lance et le basilic, un lezard qui court sur l’eau a pres de 12 km/h –, presque autant de mammiferes (dont le jaguar et le paresseux) et 160 especes d’amphibiens, notamment les petites grenouilles dendrobates. Cote oiseaux – 850 especes –, le quetzal au plumage vert emeraude et rouge et l’ara, menace de disparition, sont les plus emblematiques. Plus de 10 000 especes de vegetaux ont ete recensees par les scientifiques. Le pays abriterait 300?especes differentes d’arbres au kilometre carre, contre 6 pour le Bresil et 35 pour la Colombie.

Posté le 18/11/2009 | 1 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Nouveau livre d'Al GORE

Compte rendu. Al Gore appelle au volontarisme sur l'environnement, Le Monde, 10/11/09, 15h40
Sylvain Cypel, New York Correspondant
 
Candidat malheureux a l'election presidentielle contre George Bush en 2000 et vice-president sous Bill Clinton de 1993 a 2001, Al Gore publie une suite d'Une verite qui derange. L'ouvrage (ed. La Martiniere, 2007) et le film, Oscar 2007 du meilleur documentaire, lui ont valu la meme annee le prix Nobel de la paix.
Intitule Our Choice : A plan to Combat the Climate Crisis ("Notre choix : un plan pour resoudre la crise climatique"), et disponible depuis mardi 10 novembre aux Etats-Unis, son nouvel opus est centre sur le theme que M. Gore repete a satiete depuis des annees : tout n'est qu'affaire de volonte politique. Sur son site Internet, M. Gore estime qu'il est desormais "completement clair que nous detenons entre nos mains tous les instruments necessaires pour resoudre la crise climatique". "Le seul ingredient manquant, ecrit-il, est la volonte collective." Il assure, entre autres, que les Etats-Unis peuvent, grace "aux energies propres, creer des millions d'emplois".
Son nouveau livre a ete salue sur certains points juges novateurs. Ainsi lie-t-il aujourd'hui les enjeux ecologiques a la fois a la lutte contre la consommation effrenee et a la maitrise de la croissance de la population, pronant l'education des jeunes filles, le renforcement du role des femmes dans la famille et leurs "communautes", la lutte contre la mortalite infantile et le planning familial comme des sujets "environnementaux" essentiels. Il conclut sur deux scenarios possibles : dans l'un, les generations futures voient dans la paralysie actuelle des debats et de l'action politique, generee par les interets particularistes des industriels, le debut de l'horreur dans laquelle ils vivent ; dans l'autre, a l'inverse, ils y voient le debut d'une prise de conscience de l'urgence ecologique, qui aura amene a des decisions courageuses. C'est sur ce point que se focalisent les critiques de M. Gore. Ils lui reprochent de maintenir souvent une position de sage au-dessus de la melee, se cantonnant dans une prudente expectative sur les sujets les plus chauds. Ainsi M. Gore prone-t-il a la fois l'instauration d'une taxe sur les emissions de dioxyde de carbone et l'instauration de bourses d'echange de droits a polluer.
Interets prives
Recemment, apres qu'il eut investi dans une start-up californienne developpant des modeles d'economie d'energie pour les entreprises et les particuliers, des republicains l'ont accuse de masquer ses interets prives derriere ses envolees ecologiques. "Je mets mon argent la ou je le crois utile. Faire des affaires serait-il devenu mauvais dans ce pays ?", a retorque l'ancien vice-president. A la tete d'une societe de capital-risque, M. Gore a investi la plupart des dizaines de millions de dollars qu'il a gagnes depuis son depart de la Maison Blanche dans des entreprises environnementales.
Ce livre sort au moment ou le debat legislatif sur le rechauffement climatique s'engage aux Etats-Unis. Les lobbies favorables ou, plus encore, ceux defavorables a une legislation contraignante pour lutter contre les gaz a effet de serre rivalisent de messages publicitaires, a coups de millions de dollars. Selon le Center for Responsive Politics, un organisme independant, les lobbies de l'energie ont depense plus de 300 millions de dollars (200 millions d'euros) cette annee : la plupart (producteurs de charbon ou d'electricite) pour contrecarrer toute adoption de regulations - d'autres pour vanter, comme le fait le lobby du gaz naturel, le plus depensier de tous, les vertus environnementales de cette energie.
M. Gore, de son cote, a plusieurs fois exprime sa conviction que Barack Obama fera une apparition a la conference de Copenhague, en decembre, ou 192 pays sont invites a ratifier un nouvel accord destine a prendre la suite du protocole de Kyoto qui arrive a expiration en 2012.
Sur le Web : www.algore.com
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Posté le 18/11/2009 | 1 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Position de l'Inde avant copenhague

La position de l’Inde dans les negociations sur le climat, Terra Economica, 09/11/09
Fabrice Flipo
 
Comment resumer la position de l’Inde dans les negociations sur le climat ? Pour le quotidien Hindustan Times, la reponse est a la fois simple et claire : "polluter pays" (le pollueur doit payer).
Le gouvernement indien ne prendra aucun engagement tant que les pays developpes violeront aussi ouvertement leurs engagements qu’ils n’ont fait jusqu’ici, alors qu’ils sont responsables de 75% de problemes lies au changement climatique ? L’inde figure d’ailleurs parmi les pays plus touches. Des representants de ses "tribus" viendront en temoigner a Copenhague.
L’histoire des negociations sur le changement climatique est, pour l’Inde, une longue suite de malversations de la part des pays developpes. Tout avait pourtant relativement bien commence. La Convention-Cadre, signee lors du Sommet de la Terre a Rio en 1992, reconnaissait l’existence de « responsabilites communes mais differenciees ». Le Protocole de Kyoto enterinait ceci. Les pays developpes s’etaient engages a reduire leurs emissions de 5,2% d’ici 2012, par rapport a 1990. Les progres devaient etre mesures sur une « periode d’engagement » longue de cinq annees, afin d’eviter que les effets de la variabilite climatique ne faussent les resultats. Le Protocole prevoyait que les pays developpes fassent la preuve de leurs progres en 2005.
Nous sommes en 2009 et seuls deux pays semblent etre en mesure de remplir leurs engagements : le Royaume-Uni et l’Allemagne. Aucun autre pays developpe n’est capable de demontrer les progres accomplis. Les emissions francaises sont relativement stables mais elles ont suivi une evolution qui ne doit rien aux mesures de lutte contre le changement climatique. Et voici que les pays developpes demandent maintenant aux pays en developpement de s’engager !
Pour l’Inde, comme pour l’ensemble des pays developpes, il est hors de question de sortir du Protocole de Kyoto. Ils estiment qu’une reduction de leurs emissions mettrait en danger leur croissance economique. Les arguments des pays developpes, qui font de la Chine le premier emetteur mondial, sans tenir compte ni de l’histoire ni de la population, semblent tout simplement odieux pour les pays en developpement. Ils semblent s’inscrire dans un retour a l’attitude coloniale, quand les pays developpes se permettaient de conquerir des espaces « vierges », de les exploiter et n’en partaient que quand ils en etaient chasses par les mouvements populaires.
Or ces mouvements constituent encore tres largement l’ossature politique de pays tels que l’Inde. Le parti actuellement au pouvoir en Inde, le Congres, est l’heritier de l’Indian National Congress fonde en 1885 par les nationalistes. Les frontieres de l’Inde sont le resultat de la lutte anticoloniale. L’unite nationale est largement tributaire de ce passe. La rhetorique nationaliste est une composante importante de la vie publique indienne, car les tendances separatistes sont encore a l’œuvre en plusieurs endroits du pays : Jammu & Cachemire, bien sur, mais aussi Jarkhand (zone revendiquee par les « tribus ») etc.
Les Indiens ne sont pas moins bien informes que les Francais. Ils sont tout aussi ecologistes que les Francais. A ceci pres que les Francais demandent encore plus de croissance economique, alors qu’ils jouissent deja d’un niveau de vie incomparablement plus eleve que les Indiens. Les Indiens eux commencent tout juste a voir arriver chez eux quelques bribes du mode de vie des ex-colonisateurs. C’est pour eux une grande victoire, non pas une victoire guerriere mais une fierte nationale : etre capables de faire aussi bien que les colons, en ne comptant que sur ses propres forces. Les Indiens ont encore presents a l’esprit les jugements des colons, a l’instar de Churchill, qui estimait que l’Inde sans l’administration britannique sombrerait rapidement dans le chaos.
Soixante annees plus tard, la democratie indienne est encore la, elle a survecu a toutes les crises et n’a jamais ete suspendue. L’Inde fabrique presque tout ce dont elle a ete privee autrefois : les machines, les navires, les logiciels etc. Accepter des reductions d’emissions, sans cadre permettant de definir clairement les droits d’usage sur l’atmosphere, serait vecu en politique interieure comme une veritable trahison.
La strategie des pays developpes est de faire du changement climatique une « externalite » n’ayant rien a voir avec la croissance economique. Ils s’efforcent de formater le probleme comme un probleme « d’environnement ». Ce point est totalement conteste par les pays comme l’Inde, on l’a compris. Negocier sur l’environnement c’est noyer le poisson, epuiser les negociateurs en les amenant a negocier des arguties bureaucratiques et des details sans fin occultant le veritable enjeu.
La croissance economique est non seulement une affaire de puissance economique mais aussi de statut. Il s’agit de savoir qui detient le leadership en matiere d’exemple a suivre en termes de civilisation et de mode de vie. Les pays developpes ne feront vraisemblablement pas plier les pays en developpement sans conceder de leur leadership en la matiere. Tel est le blocage principal qui s’annonce a Copenhague.
Une chose permettrait de debloquer les negociations : definir clairement des droits sur l’atmosphere, afin que les pays en developpement soient rassures quant a leur avenir.

Posté le 18/11/2009 | 2 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

La banque mondiale soutient les énergies propres

Climat : un milliard de dollars d'aide pour six pays africains, AFP, 05/11/09
 
Barcelone (Espagne) (AFP) - 15:14 - Six pays africains recevront 1,1 milliard de dollars en dons et prets pour les aider a developper les energies renouvelables et preparer leur adaptation au changement climatique, a annonce jeudi a Barcelone la Banque mondiale (BM).
Le Mozambique, le Niger et la Zambie recevront 50 a 70 millions de dollars chacun, tandis que le Maroc, l'Afrique du Sud et l'Egypte beneficieront de prets a "tres faible taux d'interet" d'un montant respectivement de 150, 500 et 300 millions de dollars "pour renforcer leurs investissements dans les energies propres", precise la BM dans un communique.
Ces sommes ont ete accordees par le Fonds d'investissement climat (CIF) a Washington, compose des banques regionales de developpement --Afrique, Asie, BERD europeenne, et banque inter-americaine-- et de la Banque mondiale.
Le CIF, cree en 2008, s'est vu promettre 6 milliards de dollars par les bailleurs qui siegent a son conseil d'administration a part egale avec les pays en developpement.
Le pret de 500 millions de dollars accorde a l'Afrique du Sud vise a soutenir son objectif de produire 4% d'electricite a partir de sources renouvelables d'ici 2013, d'ameliorer son efficacite energetique de 12% d'ici 2015 et d'equiper un million de foyers d'un chauffe-eau solaire sur les cinq prochaines annees.
La BM espere avec ce pret "encourager l'apport d'un milliard de dollars supplementaires des donateurs bilateraux et multilateraux".
Quant au Mozambique, au Niger et a la Zambie, ils auront tous trois a faire face a "d'importantes pertes potentielles" de vies humaines et de terres en raison du changement climatique et doivent rapidement mettre en oeuvre des "strategies de resilience" et des pogrammes nationaux d'adaptation, explique la Banque mondiale.

Posté le 18/11/2009 | 1 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

L'Inde dans la lutte contre l'effet de serre

Inde : une strategie climatique de plus en plus ambitieuse, Novethic, 02/11/2009
Anne Farthouat
 
Manmohan Singh, premier ministre indien, a donne son accord pour la mise en oeuvre d'un programme d'efficacite energetique national. Ce plan doit permettre d'eviter le rejet de 100 millions de tonnes de CO2 par an. L'Inde affiche ainsi un premier objectif de reduction des emissions de gaz a effet de serre.
...Lire la suite a :

Posté le 18/11/2009 | 1 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Marée noire à Madagascar

Edito. Une catastrophe ecologique invisible a cote de chez nous, Clicanoo.com, Le journal de l'ile de la Reunion, 02/11/09
Jerome Talpin
 
Plus de 600 tonnes d’hydrocarbures et 39 000 tonnes de phosphate brut deversees dans la mer, des dizaines de kilometres de plage souilles, au moins 20 000 personnes privees de ressources alimentaires et touchees par des problemes respiratoires et cutanes. Meme si elle est restee invisible chez nous, c’est bien une catastrophe ecologique majeure qui touche l’extreme sud de Madagascar apres le naufrage, fin aout, du bateau turc Gulser Ana. Le premier rapport de l’association WWF est effrayant (lire notre edition de samedi). Les ecologistes ne deplorent pas seulement que neuf baleines n’aient pas supporte la maree noire. Ils lancent un cri d’alarme sur les consequences de la pollution touchant aussi bien la population que l’ecosysteme de ce qui etait un sanctuaire marin. La WWF craint le pire pour les pecheurs et leurs familles qui ont ramasse des plaques de petrole sans protection. Meme chose pour la faune et la flore maritime asphyxiees par le phosphate. On pourrait aussi parler des gasteropodes. Ceux qui ont ete autopsies contenaient d’importantes quantites de metaux lourds. A quelques centaines de kilometres de notre ile, le sud de Madagascar vit un drame comparable a celui qui a frappe les cotes bretonnes devastees par les naufrages de l’Amoco Cadiz de l’Erika. Pourtant, mis a part le WWF, personne ne semble vouloir venir en aide aux Malgaches livres a leur triste sort. Ou au moins s’interesser a ce desastre. A commencer par les grands medias internationaux pourtant friands de sujets ecolos. Tout se passe donc comme si cette catastrophe etait passee sous silence. Pire, la pollution du Gulser Ana montre cruellement comment des pays tels que Madagascar restent ineluctablement dans un angle mort de notre planete. La ou tous les types de pillages et d’outrances au productivisme sont possibles. Y compris de la part d’autres pays du tiers-monde. Car ce naufrage est bien l’œuvre d’armateurs voyous qui s’affranchissent des principes, des frontieres et du respect des autres. Appartenant a la liste des 66 navires les plus dangereux de la planete, ce vraquier avait ete mis a la porte des eaux de l’Union europeenne. Parti du Togo pour aller en Inde, le bateau continuait toutefois de sillonner d’autres mers du globe. Et sachant a quel point un juge d’instruction francais a eu du mal a renvoyer dix-huit responsables du naufrage de l’Erika devant un tribunal correctionnel huit ans plus tard, ce n’est pas faire injure a la justice malgache que d’imaginer que cette catastrophe restera a jamais impunie. Quant au sort des pecheurs du sud de la Grande Ile, affames et bientot en proie a des cancers, les armateurs et affreteurs du Gulser Ana s’en soucient autant que Total de sa premiere boulette de petrole sur le granit breton.
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Posté le 18/11/2009 | 2 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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