Impact Raisonné

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Feux de forêts en Russie

Feux de forêts: 31 nouveaux incendies en Transbaïkalie

16:45|24/ 04/ 2008
Version imprimée

TCHITA, 24 avril - RIA Novosti. 31 nouveaux incendies de forêts

sévissant sur une superficie de 347 ha ont été enregistrés en

Transbaïkalie ces dernières 24 heures, a appris jeudi RIA

Novosti auprès de l'antenne régionale de gestion des forêts.

Au total, 88 incendies ravagent une superficie de 31.688 ha

dans cette région de la Sibérie orientale, a précisé la source.

"Seuls 35 foyers englobant une superficie 17 446 ha ont été

circonscrits pour l'instant", a ajouté l'interlocuteur de

l'agence.

Ces derniers jours, les services anti-incendie ont réussi à

circonscrire 34 feux de forêts sur une superficie de près de

5000 ha. Plus d'un millier de personnes et 200 engins sont

mobilisés pour combattre cette catastrophe.

En outre, 10.000 ha de steppes brûlent également en

Transbaïkalie

Le ministère russe des Situations d'urgence maintient son

alerte pour les prochains jours dans deux districts de la

région de Tchita.

Depuis le début de 2008, 931 incendies sévissant sur une

superficie de 91 968 ha ont été enregistrés dans la région

de Tchita contre 141 incendies (5.262 ha) en 2007.


Posté le 13/05/2008 | 19 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Quelle vision des OGM?

Decryptage. Agricultures, OGM et guerre des mondes, Actu-Environnement, 29/04/08
Agnes Sinai
 
Les OGM ont mobilise le debat politique de ces dernieres semaines. Comme les agrocarburants, ils relevent d'une vision de l'agriculture soutenue par l'agro-industrie, mais inadaptee aux besoins de l'immense majorite de l'humanite.
Les recentes violences en Haiti et les manifestations en Egypte, les emeutes en Indonesie, les tensions au Burkina Faso, au Cameroun, en Bolivie et au Mexique ne sont que les premiers symptomes d'une grave crise de structure des modes de repartition des productions agricoles dans le monde. La planete se dirige vers une tres longue periode d'emeutes et de conflits lies a la hausse des prix et a la penurie des denrees alimentaires, estime Jean Ziegler, rapporteur special des Nations Unies pour le droit a l'alimentation. Avant la flambee des prix deja (...) 854 millions de personnes etaient gravement sous-alimentees. C'est une hecatombe annoncee, met en garde M. Ziegler, qui s'en est pris par ailleurs aux agrocarburants, qu'il a qualifies de « crimes contre l'humanite »*.
Il est urgent de repenser le modele alimentaire de demain. Comment eviter la multiplication d'emeutes de la faim dans des pays qui ont perdu toute souverainete alimentaire sous la pression du marche mondial ? Les OGM peuvent-ils resoudre la famine ? Est-il encore temps de promouvoir une alternative a un modele agricole faconne par les institutions financieres et economiques mondiales, qui surproduit d'un cote et affame de l'autre ? Les reponses a de telles questions sont a rechercher dans les travaux de l'Evaluation des sciences et technologies agricoles au service du developpement. Cette organisation intergouvernementale encore meconnue, l'IAASTD (International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development), est parrainee par la FAO, le PNUD, l'OMS, l'Unesco et le PNUE.
Un Grenelle international de l'agriculture
Sa methodologie originale, ouverte a la societe civile, evoque un Grenelle international de l'agronomie. Son fonctionnement en reseau international d'experts la rend comparable au GIEC, fameux groupe d'etudes sur le climat, place sous l'egide des Nations Unies. Coincidence, le president de cet organisme agronomique international, Robert Watson, connu pour son dynamisme et son engagement en faveur de la cause du climat, fut a la tete du GIEC, jusqu'a sa mise a l'ecart par l'administration Bush pour ses positions radicales.
Les conclusions des 400 experts internationaux de ce groupe intergouvernemental, agronomes et specialistes de l'alimentation, fournissent un foisonnement de pistes pour l'avenir. L'IAASTD propose une reorientation autour des savoirs locaux et communautaires, afin de retrouver une autosuffisance alimentaire, explique le Francais Michel Dodet, de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), membre du bureau de l'IAASTD. On ne peut pas jouer sur le seul facteur de la technologie.
L'agro-ecologie se presente comme l'alternative au modele de l'agro-industrie, intensive et specialisee. Fondee sur la prise en compte des ecosystemes dans les pratiques agricoles, elle a ete prophetiquement theorisee par Rene Dumont des les annees soixante-dix. La voici reconnue sur la scene internationale. Les savoirs agricoles recoupent des pratiques diverses, qui renvoient a des conceptions parfois antinomiques du role des agricultures, de leur mode de production et de leur type de rapport a l'environnement, inherent aux societes dont elles relevent. Il n'y a pas une vision de l'agriculture, mais une multitude de pratiques et de savoirs agricoles, dont « les pouvoirs politiques et economiques ont eu tendance a ne privilegier qu'une seule dimension »**, selon une logique de profits a court terme plutot que selon une approche privilegiant des pratiques soutenables pour les agro-ecosystemes. Cette logique a suivi les prescriptions d'une partie du monde agricole, liee a l'agro-industrie, au detriment des savoirs paysans vernaculaires. Le rapport insiste sur la necessite de « reencastrer » les activites agricoles au sein de leurs terroirs, en fonction d'echelles et de systemes de gestion variables selon les territoires.
Regimes juridiques et visions conflictuelles
Ces conflits de vision parcourent le droit international. L'Organisation mondiale du commerce est parvenue a faire prevaloir l'acceleration et la liberalisation des echanges de marchandises, quels que soient leurs impacts sociaux, culturels et environnementaux et leur methode de fabrication. Ce regime de liberalisation draconienne s'est revele profitable aux pays riches, a l'agro-industrie et aux oligopoles industriels. Quant a la defense de la diversite locale et des petits producteurs, elle ne releve pas des preoccupations de l'OMC, mais se retrouve dans le Protocole de Carthagene sur la biosecurite adopte en 2000, issu de la Convention des Nations Unies sur la biodiversite de 1992. Ce Protocole donne aux Etats qui l'ont ratifie la possibilite de refuser l'importation sur leur territoire d'organismes vivants genetiquement modifies au nom de la protection de la biodiversite. Les negociations resultant de ce Protocole sont en cours. Elles doivent definir, au plus tard en mai 2008, le futur regime de responsabilite auquel les industries biotechnologiques, productrices de semences transgeniques, seront soumises.
La France a pris acte de la possibilite juridique de suspendre l'autorisation du mais transgenique MON 810, en faisant jouer la clause de sauvegarde en janvier dernier. Mais au printemps, presse par les lobbies de l'agro-industrie et par le retard pris dans la transcription de la directive europeenne 2001/18, le gouvernement a presente la loi OGM, dans laquelle les decisions du Grenelle de l'environnement sont apparues denaturees.
Les travaux du Grenelle de l'environnement se sont en effet interroges sur la coexistence possible de la diversite agricole avec la diffusion a grande echelle d'organismes genetiquement modifies. L'intergroupe sur les OGM s'est inquiete de la reduction de la diversite des cultures en cas de recours generalise aux semences transgeniques. La liberte de cultiver et de consommer sans OGM est devenue le principe pivot du Grenelle. Mais elle s'est transformee, dans la loi adoptee de justesse en premiere lecture a l'Assemblee nationale le 9 avril dernier, en liberte de cultiver avec ou sans OGM, renvoyant dos a dos deux visions antinomiques de l'agriculture, a charge, pour les prefectures, de regler au cas par cas les problemes poses par la « coexistence » problematique de cultures de terroirs et de monocultures transgeniques.
Au-dela du debat technique, c'est une interrogation societale qui a sous-tendu le debat parlementaire. Le retentissement de l'amendement Chassaigne, le fameux « amendement 252 », signale la discordance de modeles et d'echelles de developpement a terme incompatibles. Cet amendement prevoyait effectivement que l'utilisation des OGM ne pouvait se faire « qu'en respectant non seulement l'environnement et la sante publique, mais aussi les structures agricoles, les ecosystemes regionaux et les filieres commerciales qualifiees sans organismes genetiquement modifies ». Un autre amendement, issu du groupe majoritaire UMP, a ete vote a l'unanimite dans le meme esprit. Il precisait que « la liberte de consommer et de produire avec ou sans OGM » doit se faire « sans que cela nuise a l'integrite de l'environnement et a la specificite des cultures traditionnelles et de qualite ». L'empressement du gouvernement a en attenuer la portee par un sous-amendement signale que le ver est dans le fruit, et que la loi OGM pourrait etre victime de ses propres incoherences : biodegradable, en quelque sorte.
Il n'est pas sur que, dans cette guerre des mondes agricoles, Monsanto gagne la bataille. Les utilisateurs de semences transgeniques prendront-ils le risque de contaminer le champ du voisin alors qu'aucune compagnie d'assurance n'est prete a couvrir des risques encore mal estimes ? Il est encore moins sur qu'a l'heure ou le sac de 50 kilos de riz coute plus de 70 dollars la ou 80% de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour, les semences sous brevet de Monsanto constituent une reponse a la penurie alimentaire, au changement climatique et a la concurrence effrenee des producteurs du Nord. On se souvient des slogans de Monsanto promettant monts et merveilles grace au riz dore transgenique enrichi en betacarotene. Et on attend encore les prouesses du riz resistant a la secheresse et capable de pousser dans des eaux saumatres.
L'agriculture de demain sera sans doute plus proche de l'agriculture biologique d'aujourd'hui que des grandes monocultures transgeniques qui ont transforme une partie de l'Argentine en desert vert de soja monochrome, destine a nourrir le betail des peuples europeens et des classes moyennes chinoises, carnivores impetrantes. Certes elle beneficiera de tous les acquis de la science moderne pour etre a la fois productive et durable. Mais il faudra surtout changer de modele agricole, manger moins de viande, soutenir les plantes locales en Afrique comme le mil, reorganiser les marches locaux et developper les circuits courts.
*Liberation, 14 avril 2008

Posté le 13/05/2008 | 38 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Debrousailler avec des animaux, un nouveau métier!

Debroussaillage avec des animaux de ferme, le creneau d'une entreprise nordiste, AFP, 26/04/08
 
Lille (AFP) - 13h54 - Une entreprise de Bousbecque (Nord) loue aux collectivites locales et particuliers un outil efficace et ecologique, ses animaux de ferme, pour entretenir leurs espaces verts.
"Le but c'est de remplacer les outils mecaniques par des moyens ecologiques et non polluants", souligne Marjorie Deruwez, creatrice d'Ecozoone et eleveuse dans la ferme "Le P'tit Chene".
La societe est en plein essor, pres d'un an apres sa creation. Environ 80 animaux - vaches, poneys, anes, chevres - sont disperses sur plusieurs zones a defricher.
Selon la qualite et l'etat du terrain, l'eleveur propose les animaux les plus adaptes au site. Reste ensuite aux clients a faire leur choix, les anes et les poneys etant des animaux souvent convoites par les particuliers.
Marjorie Deruwez honore actuellement une quinzaine de contrats avec des clients particuliers ou des municipalites comme Achicourt, Faches-Thumesnil ou meme Lille.
Cette derniere a sollicite les services de l'eleveur pour un terrain de 12,4 hectares de nature presque vierge, ceinture par deux voies de chemin de fer, ou une dizaine de poneys "travaillent" actuellement.
"L'acces au site est tres difficile puisqu'il n'y a qu'une passerelle. Ces animaux etaient la seule alternative possible pour entretenir la friche", a precise Jean Lemaire, technicien des parcs urbains pour la ville de Lille.
L'adjoint Vert a la mairie de Lille Eric Quiquet a explique a l'AFP que l'operation s'inscrivait dans le cadre d'un "projet de rehabilitation d'un espace naturel de grande valeur ecologique. (..) Des qu'on peut utiliser cette methode, on le fait".
Le celebre cite du parc de la Citadelle - construite par Vauban - devrait etre traite a l'avenir de la meme facon.
Ecozoone ne fait vivre pour l'instant que sa creatrice, mais envisage de creer des emplois de bergers d'un genre nouveau.
<http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Debroussaillage_avec_des_animaux_de_ferme_le_creneau_d_une_entreprise_nordiste.htm?idrub=17&xml=newsmlmmd.7b0419ad069de62dac9f772014b691a6.281.xml>
Posté le 13/05/2008 | 22 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

OGM, Les grands chefs contre!

OGM : les grandes toques n'en veulent pas a table, Liberation avec AFP, 12/05/08
 
A la veille de l'adoption de la loi sur les organismes transgeniques, des chefs cuisiniers et des vignerons appellent dans une tribune publiee par le Monde a l'application du principe de precaution.
Alors que le  projet de loi controverse sur les organismes genetiquement modifies (OGM) devrait achever demain  son parcours parlementaire avec son adoption definitive par les deputes,  des chefs cuisiniers et des vignerons publient aujourd'hui dans Le Monde un appel pour l'application du "principe de precaution".
"Pas d'OGM a nos tables et dans nos caves dans l'etat actuel de nos connaissances", demandent ces chefs parmi lesquels figurent Olivier Roellinger, Michel Bras, Alain Passard et Marc Veyrat.
Cet appel a ete lance a l'initiative de Generations.C, un collectif de 83 jeunes cuisiniers et est soutenu par l'association Terre et Vins du monde.
Ils demandent notamment le maintien d'un amendement, le 252, prevoyant que "les OGM ne peuvent etre cultives, commercialises ou utilises que dans le respect de l'environnement et de la sante publique, des structures agricoles, des ecosystemes locaux et des filieres de production et commerciales qualifiees +sans OGM+ et en toute transparence".
Cet amendement a ete modifie par le Senat et prevoit desormais que la definition de culture "sans organisme genetiquement modifie (OGM)" renvoie a une definition au niveau europeen, ou elle n'existe pas encore.
L'UE autorise actuellement un seuil de presence accidentelle d'OGM de 0,9% dans les cultures conventionnelles.

Posté le 13/05/2008 | 17 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Le Sorguo, une culture d'avenir

12- Le sorgho, une culture miracle pour l'alimentation et les biocarburants, AFP, 12/05/08
 
Washington (AFP) - 21h29 - Le sorgho parait etre la culture miracle capable de produire en zones semi-arides a la fois du biocarburant et des aliments sans impact nefaste sur le marche alimentaire mondial et l'environnement, ont explique lundi des scientifiques travaillant sur un projet pilote en Inde.
"Nous considerons le sorgho a sucre comme la recolte ideale car elle peut a la fois produire de la nourriture et de l'ethanol", a souligne William Dar, directeur general de l'Indian Crops Research Institute for Semi Arid Tropics (ICRISAT), un institut international de recherche a but non-lucratif dans un communique.
Le sorgho a sucre (Sorgum bicolor) est la cinquieme grande culture cerealiere mondiale apres le riz, le mais, le ble et l'orge.
Il pousse dans des terrains secs, tolere bien la chaleur, des sol detrempes ou a forte salinite, des qualites ideales pour la zone semi-aride de la planete ou se trouve une grande concentration de pauvrete, releve Mark Winslow, un agronome de l'ICRISAT dans un entretien avec l'AFP.
Cette plante atteint de 2,6 a 4 metres de hauteur avec des tiges feuillues tres riches en sucre permettant de fabriquer de l'ethanol par distillation.
Pour une meme surface cultivee, le sorgho consomme deux fois moins d'eau que le mais pour une valeur nutritionnelle comparable et huit fois moins que la canne a sucre.
De ce fait, le sorgho requiert peu ou pas d'irrigation qui necessite des pompes a eau couteuses en carburant fossiles emettant du CO2, le principal gaz a effet de serre, note M. Winslow.
"Avec une bonne gestion, les petits agriculteurs peuvent par exemple ameliorer leurs revenus de 20% par rapport a d'autres cultures dans des zones semi-arides comme en Inde", a explique William Dar dans un communique.
Aux termes d'un partenariat entre la firme privee indienne Rusni Distilleries et quelque 791 agriculteurs de l'Andhra Pradesh en Inde, l'ICRISAT a aide a construire et a faire fonctionner depuis 2007 une usine d'ethanol a partir du sorgho a sucre produit par ces petits fermiers.
En Inde, un gallon (3,78 litres) d'ethanol produit a partir du sorgho revient a 1,74 dollar, compare a 2,19 dollars pour la canne a sucre et 2,12 dollars pour le mais, precise l'ICRISAT.
Des projets developpes sur le meme modele de partenariat sont en cours aux Philippines, au Mexique, an Mozambique et au Kenya, precise le document de l'ICRISAT dont le siege est en Inde et qui recoit des fonds publics de gouvernements.
Les Etats-Unis et l'Union europeenne sont egalement tres interesses par le sorgho pour produire du biocarburant, a indique Mark Winslow.
Une grande conference internationale sur le sorgho sponsorisee par le Ministere americain de l'Agriculture est prevue en aout a Houston (Texas, sud-ouest) pour evaluer le potentiel de cette culture pour produire de l'ethanol.
"Je pense que le sorgho va etre l'une des deux grandes cultures tropicales" pour produire des biocarburants, ce qui va augmenter les capacites du marche mondial dans lequel la demande excede largement l'offre, estime cet expert.
"C'est un situation gagnante sur toute la ligne" pour les pays en developpement en particulier, qui peuvent ainsi economiser l'argent pour importer du petrole et l'investir dans la culture du sorgho et la production d'ethanol, poursuit M. Winslow.
Selon lui, l'Inde pourrait, avec cent distilleries de capacite moyenne comme celle d'Andhra Pradesh (40.000 litres par jour), satisfaire a ses besoins en carburant.
Contrairement au mais, l'utilisation de sorgho a sucre pour produire du biocarburant a un impact negligeable sur le marche alimentaire mondial car il est peu demande.
Le sorgho est actuellement cultive sur 42 millions d'hectares dans le monde dans 99 pays et les Etats-Unis sont le premier producteur.
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Posté le 13/05/2008 | 30 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Etude sur les pesticides dans l'alimentation en France!!!

8- Les pesticides omnipresents dans l'alimentation, en France, Le Monde, 08/05/08
Paul Benkimoun
 
Dans 6 % des fruits et legumes, les teneurs en produits phytosanitaires depassent les seuils autorises. On en retrouve dans l'urine de sept petits Franciliens sur dix.
L'importance de l'exposition aux pesticides, notamment par voie alimentaire, est mise en evidence par deux etudes. La premiere, realisee par la direction generale de la concurrence, de la consommation et de la repression des fraudes (DGCCRF) et publiee fin avril, montre que 6 % des fruits et legumes testes presentaient des teneurs en pesticides depassant la limite maximale de residus (LMR). La seconde, presentee mercredi 7 mai par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), conclut que « les enfants franciliens sont exposes a des pesticides varies, dont certains interdits depuis plusieurs annees, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposes ».
Sur les 3 500 echantillons de fruits et legumes preleves en 2006 par la DGCCRF, 55,6 % ne contenaient pas de residus de pesticides. Des teneurs inferieures a la LMR ont ete detectees dans 38,4 % de ces echantillons.
Mais, pour les legumes, 6,3 % des echantillons sont non conformes, car excedant la LMR . « Les depassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les lentilles et les aubergines », precise la DGCCRF, qui indique que « les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates ont un taux de depassement de la LMR inferieur a la moyenne ».
Les pesticides sont plus fortement presents dans les fruits : 58,6 % des echantillons comportaient des residus a des teneurs inferieures au maximum autorise et 5,5 % etaient non conformes. « Les depassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines, les poires. Les oranges, les avocats et les pommes ont un taux de depassement de la LMR inferieur a la moyenne », note la DGCCRF.
Le pourcentage de non-conformite a tres legerement diminue par rapport a l'annee precedente, passant de 6,7 % a 6 %, mais les donnees de l'annee 2004 indiquaient un taux de 3,9 %. Pour Francois Veillerette, president du Mouvement pour les droits et le respect des generations futures (MDRGF), ces chiffres « montrent l'urgence de mettre en application la mesure de reduction de l'usage des pesti cides prise dans le cadre du Grenelle ».
L'etude de l'Ineris, realisee avec l'universite Paris-V, a evalue l'exposition aux pesticides de 130 enfants repartis dans l'Ile-de-France, 73 vivant en pavillon et 57 en appartement. Un total de 31 composes (insecticides, herbicides et fongicides) a ete pris en compte et les prelevements ont ete effectues dans l'air, sur les poussieres au sol et sur les mains des enfants. Les produits du metabolisme des insecticides ont ete recherches dans les urines.
Au moins un produit de type pesticide se trouvait dans 94 % des logements : insecticide dans 93 % des cas, fongicide pour les plantes dans 30 % des cas et herbicide dans 32 %. Le lindane, un insecticide desormais interdit en France, etait le pesticide le plus frequemment retrouve dans l'air (88 % des logements).
Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphores : 70 % des enfants excretaient au moins l'un des six metabolites urinaires des organophosphores, alors que ceux-ci etaient detectes moins frequemment dans l'environnement interieur.
« Cela peut signifier qu'il existe une autre source d'exposition que celles que nous avons recherchees. Cela pourrait etre la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l'etude. Des prelevements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d'exposition aux pesticides. »
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Posté le 13/05/2008 | 10 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Nourrir le monde!

1- La hausse des prix alimentaires au Sud : causes, consequences, propositions, CIRAD, 17/04/08
 
De nombreuses causes ont ete evoquees depuis le debut de la crise alimentaire dans les pays du Sud. Quelle est la part reelle de ces causes dans la situation actuelle ? Quelles seront les consequences de la hausse des prix sur la securite alimentaire et sur l'agriculture dans ces pays ? Quelles sont les solutions envisageables pour gerer cette crise et en sortir ? Le Cirad propose ici des elements d'analyse et de reponse issus de l'expertise de ses chercheurs ayant une connaissance fine de la situation dans les pays touches.
Cette synthese est alimentee par les contributions de chercheurs du Cirad specialistes des questions d'agriculture vivriere et de securite alimentaire, dont un grand nombre sont en poste dans les pays du Sud. Elle sera mise a jour regulierement au fur et a mesure des analyses en cours sur les causes et les effets de la hausse des prix.
Quelles sont les causes de la hausse des prix ?
On ne peut etre simpliste et chercher un bouc emissaire. Les causes sont multiples, et de nature a la fois structurelle et conjoncturelle. En premier lieu, le pouvoir d’achat des populations des pays emergents (Bresil, Chine, Inde) a, ces dernieres decennies, augmente. En consequence, leur consommation alimentaire s'est accrue. En Asie, elle est passee de 2 150 kilocalories par personne et par jour en 1970 a pres de 2 800 kilocalories en 2000. Les habitudes alimentaires ont egalement change avec une consommation de viande plus elevee. Les calories d’origine animale representaient en 1970 moins de 5 % des calories totales consommees en Asie. Trente ans plus tard, cette part a plus que double pour atteindre 11,7 %. Rappelons, en outre, qu’en moyenne sept calories vegetales sont necessaires pour produire une calorie animale. Dans les autres pays du Sud, on observe le meme phenomene mais essentiellement dans les villes. L’urbanisation se poursuit a une vitesse tres elevee. La demande alimentaire augmente ainsi plus vite que la population et cette tendance va se maintenir. La production agricole est moins excedentaire qu'il y a dix ans. Le marche est plus tendu.
Ressource " Dossier " : L’alimentation des villes du Sud 
Si les prix flambent depuis quelques mois, c’est qu’il y a aussi un effet conjoncturel. Plusieurs pays ont en effet subi recemment des accidents climatiques (secheresse en Australie, typhon au Bangladesh, hiver plus froid en Chine et au Vietnam) engendrant de mauvaises recoltes. Cette situation s’est traduite par une augmentation de la demande dans les pays importateurs, tels que le Bangladesh pour le riz, et une baisse de l'offre de pays exportateurs majeurs comme l’Australie pour le ble. Certains pays exportateurs, de meme que les courtiers en cereales, ont anticipe une hausse des prix en limitant les mises en marche. Le Vietnam et la Chine ont gele leurs exportations de riz et attendent la deuxieme vague de recolte (avril/mai) pour reevaluer leur position. Les speculateurs sur les marches a terme des produits agricoles considerent ce secteur comme lucratif alors que s'annonce une hausse de la demande pour les agrocarburants ou une baisse de l'offre liee aux accidents climatiques. Si la hausse est si sensible, cela est a la fois du a une petite diminution de l'offre et une augmentation de la demande, mais aussi et surtout a une volatilite accrue des cours du fait de l'absence de regulation du marche : liberalisation oblige, les Etats n'interviennent plus, les stocks de cereales sont tres bas. Nous sommes rentres dans une ere d'instabilite des cours avec des risques durables de flambees intempestives.
Quelle est la part de responsabilite des agrocarburants dans cette hausse ?
Ce ne sont pas les volumes actuels de produits agricoles destines aux agrocarburants qui expliquent la hausse des prix, sauf localement chez les fournisseurs de mais des Etats-Unis, principaux producteurs de ces carburants. D’apres les estimations d’Agrimonde, projet de prospective mene par le Cirad et l’Inra, sur le total des calories vegetales produites dans le monde, moins de 5 % sont destinees aux usages non alimentaires dont font partie les agrocarburants. L’alimentation humaine represente 55 % de ce total et l’alimentation animale 30 %. En outre, les volumes destines aux agrocarburants sont, pour le moment, faibles. Ainsi, selon l’Agence internationale de l’energie, en 2005, 1 % des terres cultivees servaient a produire des agrocarburants remplacant 1 % de notre consommation mondiale de carburants fossiles. En revanche, la hausse annoncee de l’utilisation des cereales pour des agrocarburants accroit l’interet du marche des produits agricoles pour les speculateurs financiers. C’est donc plus l’anticipation de cette hausse de la demande qu’une hausse reelle qui contribue a expliquer la flambee des prix.
Quid de l'impact de la hausse du prix du baril de petrole ?
Le petrole est un facteur de production important dans l'agriculture, en particulier dans les pays industrialises, ou elle est motorisee et fortement consommatrice d'intrants. La hausse du prix du baril se repercute bien evidemment sur le prix du transport, mais aussi sur celui des engrais, de l'irrigation par pompage et de la transformation agroalimentaire. Elle se repercute ainsi egalement sur le prix des produits agricoles. Il s’agit donc aujourd’hui d'inventer une agriculture et un systeme de transformation et de commercialisation agroalimentaire moins energivores. C’est un enjeu majeur.
Si les pays du Sud utilisent moins d'energie fossile pour leur production agricole, ils subissent aussi durement la hausse du prix du petrole. Elle se repercute sur les couts de production, de transformation et de commercialisation des produits locaux.
Quelles sont les consequences de cette hausse des prix pour les populations des pays du Sud ?
Ce sont surtout les pays qui importent massivement des produits alimentaires pour nourrir leurs populations qui souffrent de cette hausse. Et ce sont en particulier leurs populations pauvres qui n'ont plus de marges de manœuvre pour y faire face. Cette hausse des prix n'est pas la premiere que subissent ces pays. En 1994, la devaluation de 50 % du franc CFA, la monnaie des pays d'Afrique francophone, s'est traduite par un quasi-doublement des prix des aliments importes. Si cette hausse a eu des repercussions graves sur la securite alimentaire des populations, notamment des enfants, elle ne s'est pas traduite par des emeutes comme c’est le cas a l’heure actuelle. Aujourd’hui, la donne a change : les marges de manœuvre des populations fragilisees par des decennies de crise economique sont tres reduites. C'est en tout cas ce qui explique la crise alimentaire qu'a connue le Niger en 2005. Ce pays a subi une hausse conjoncturelle des prix liee a la demande du Nigeria voisin. Apres des annees de fragilisation, la population ne disposait plus des solutions qui lui permettaient d’y faire face jusqu’alors – utiliser ses stocks de securite, mobiliser son epargne, solliciter la famille en ville. Elle a subi le choc de plein fouet avec les consequences nutritionnelles que l'on connait et notamment des milliers d'enfants en malnutrition severe. Les emeutes que l'on observe aujourd'hui sont sans doute la manifestation de l'epuisement d'une population qui n'en peut plus de decennies de crises.
Quelles sont les consequences sur le secteur agricole ?
Puisque le prix des produits importes augmente, les menages vont sans doute reporter leur consommation sur les produits locaux. L'agriculture vivriere commerciale, delaissee depuis une vingtaine d'annees des priorites des politiques, revient donc sur le devant de la scene. La Banque mondiale ne s'y est d'ailleurs pas trompe : elle replace, au travers de son rapport annuel, les enjeux agricoles au centre des questions des pays en developpement et, au-dela, de la planete.
Les filieres vivrieres approvisionnant le marche domestique, et en particulier les marches urbains, n'ont cependant pas attendu qu'on les soutienne pour repondre a cette demande. Celle-ci a explose, avec un rythme d'urbanisation sans precedent dans l'histoire du monde. Depuis trente ans, on a assiste a un fort developpement de ces filieres : elles ont innove, se sont mecanisees et organisees pour offrir des produits adaptes aux modes de vie des citadins et accessibles a leur pouvoir d'achat. Le marche domestique represente aujourd'hui, en valeur, largement plus que les marches a l'exportation dans nombre de pays. Pourtant, les politiques continuent de privilegier un developpement agricole par l'insertion aux marches internationaux. Ce dynamisme du vivrier marchand, en particulier en Afrique, dement les visions pessimistes qui considerent que l'agriculture de ce continent est au point mort.
Ressources " Exemple " : Le fonio
Site internet : Fonio
Projet scientifique Inco-Fonio
A quelles conditions la production vivriere peut-elle prendre la releve des importations ?
Avant de proposer des solutions techniques miracles, il faut mobiliser les reserves existantes de gains de productivite. Elles sont encore nombreuses : il reste des terres a cultiver, des potentiels de rendement importants avec le materiel vegetal existant, des moyens de reduire les pertes. Cependant, ce potentiel ne peut pas totalement s'exprimer. La grande majorite des agriculteurs sont pauvres, n'ont pas acces aux intrants, au credit, aux assurances ou encore aux conseils. Leur environnement n'est pas favorable a leurs activites, ne securise pas le risque qu'ils prennent a investir davantage dans le secteur. Car la production agricole demeure une activite risquee.
Par ailleurs, les ressources existantes ne sont pas toujours suffisantes. Dans bien des cas, il manque des solutions techniques, du materiel vegetal ameliore, des moyens de lutte contre les maladies pour debloquer des goulets d'etranglement et augmenter les rendements. Les investissements dans la recherche sur ces productions ont ete insuffisants.
Ressource " Exemple " : Le cas du Burkina-Faso
Le probleme se situe-t-il uniquement au niveau de la production agricole ?
Le secteur vivrier ne se limite pas aux producteurs agricoles. On l'oublie trop souvent. Il concerne egalement un tres grand nombre d'activites permettant d'assurer la connexion entre les producteurs et le marche : activites de transformation agroalimentaire (extraction d'huile, broyage des cereales ou des racines et tubercules, sechage du poisson, etc.), de commercialisation et de distribution, ou encore de restauration. C'est, d'une part, grace a ce secteur que les produits circulent, sont achemines vers des marches, sont stockes, adaptes a la demande des consommateurs et leur sont distribues. C'est, d'autre part, par l'intermediaire de ces activites que les incitations du marche sont transmises aux producteurs, en termes de quantite, de qualite et de prix requis. Ce secteur est dans une situation paradoxale : il joue un role crucial de courroie d'entrainement du secteur agricole par le developpement des marches domestiques et il est pourtant presque partout neglige dans les politiques. Celles-ci se limitent bien souvent a considerer d'un cote des producteurs agricoles ruraux et de l'autre des consommateurs urbains, faisant fi de tout ce secteur qui fait le lien entre eux et regule ainsi offre et la demande.
Une marge de manœuvre de taille se situe donc dans ces activites de transformation et de commercialisation, dans la creation d'un environnement plus favorable a leur developpement, dans la creation d'infrastructures de transport, de stockage, dans les technologies de transformation des produits agricoles. Ce secteur est essentiellement tenu par les femmes et une grande partie de la marge de manœuvre est entre leurs mains. Mais sa forte croissance depuis une vingtaine d'annees a attire quelques gros operateurs qui speculent et repercutent mal aux producteurs la hausse des prix a la consommation. Il faut donc des politiques qui permettent au marche de mieux fonctionner et non pas un total laisser-faire qui laisse les plus puissants profiter de positions avantageuses et accroit davantage les inegalites.
Quelles pistes pour gerer la crise et en sortir ?
A court terme, des mesures d'urgence s'imposent : la crise risque d'avoir des consequences dramatiques sur la situation nutritionnelle des plus vulnerables. Cependant, une aide alimentaire d'urgence ne reglera pas le probleme.
Il est egalement necessaire de liberer les marges de productivite dans le secteur du vivrier marchand, tant au niveau de la production que de la transformation et de la commercialisation. Sans qu’il y ait de solution miracle, il suffit deja, pour faire reagir le vivrier marchand, de pouvoir garantir l'acces pour les paysans a un peu plus d'engrais, de produits phytosanitaires, de routes en bon etat, de moyens de transformation, de credit, de conseils, d'assurance, d'informations sur les prix, de reduire les taxations policieres sur les routes, le prix du gas-oil. Par ailleurs, les paysans sont appauvris par des annees d'abandon du secteur agricole par les politiques. C'est donc tout un soutien a l'agriculture des pays a vulnerabilite alimentaire qu'il faut relancer et non pas poursuivre une politique de liberalisation acceleree de ce secteur, lui faisant subir les aleas des marches internationaux. Le developpement agricole doit donc devenir une priorite dans l'agenda international.
A plus long terme, il sera sans doute difficile de s'affranchir de la question d'une meilleure repartition des ressources. Car c'est bien parce que certains grands pays, tres peuples, se mettent a consommer comme les pays les plus industrialises que l'on se rend compte des limites du systeme. Ceux qui souffrent aujourd'hui sont bien peu responsables de ce qui les fait souffrir. Il ne s'agit plus de transferer le modele agro-industriel pour le generaliser a l'ensemble de la planete, mais bien d'inventer ensemble un systeme plus durablement equitable.
Synthese realisee par Nicolas Bricas et Elsa Bru a partir des contributions de Estelle Bienabe, Marie-Helene Dabat, Bruno Dorin, Sandrine Dury, Frederic Lancon, Patricio Mendez del Villar, Paule Moustier.
En savoir plus
« La vie chere en Afrique » : un entretien de Frederic Lancon, dans le cadre de l'emission Decryptage de Radio France Internationale, proposee par Marie-France Chatin-Laroche.
 
Source : Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme

Posté le 13/05/2008 | 17 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

21-04-2008 Optimiser la prévention des feux de forêts

 

L’Europe a été confrontée ces dernières années à une recrudescence des incendies de forêts, majoritairement due à la hausse des températures et à la prolongation des périodes de sécheresse.

Le mois de juillet 2007 a signé l’apogée de cette montée en puissance. D’après un communiqué de l’Union européenne daté du 2 août 2007, on enregistrait pour le seul mois de juillet 3 376 km2 de terres ravagées contre 3 585 km2 pour l’intégralité de la saison estivale 2006. Au cours de cet été ravageur, le phénomène avait fini par gagner l’Europe du Sud-Ouest épargnée jusqu’alors, affectant tout particulièrement la péninsule ibérique et les îles Canaries.


Passage d'un Canadair au dessus d'un feu de forêt

Forte de ce constat, la Commission européenne, avec la collaboration de 5 Etats membres, a récemment initié un exercice de simulation à grande échelle de feux de forêts en Sardaigne. Débutée le 14 avril dernier, cette opération vise à optimiser la capacité d’intervention des équipes d’urgence françaises, italiennes, grecques, portugaises et espagnoles pour leur permettre d’être mieux préparées en cas d’incident réel. Ces trois jours de formation se clôtureront le 19 avril par une simulation aérienne.

Bien que l’Europe ait été durement touchée au cours des années passées, la France, elle, n’a pas connu la même évolution. Tout aussi concernée par les changements climatiques, elle a choisi de miser sur une sévère politique de prévention dont l’issue s’est révélée fructueuse. Renforçant les relevés d’observation météorologique, basés notamment sur la mesure régulière de l’état hydrique des végétaux, cette dernière repose sur divers modes de surveillance complémentaires. Secondée par une vigilance aérienne, la surveillance au sol est assurée à la fois par des tours de guet, et par des patrouilles mobiles, chacune couvrant un périmètre d’environ 50 000 ha, lequel se réduisant à 3 000 ha en cas d’intervention d’urgence.

La prévention française va plus loin en intervenant auprès des riverains habitant à proximité des aires forestières sensibles. Dans l’optique de minimiser le rôle de l’homme dans la multiplication des incendies, le PPRIF (Plan de prévention des risques d’incendie) (1) a été mis en place. Il a pour rôle de réglementer les nouvelles constructions dans les zones très exposées. Concernant les habitations préexistantes, il légifère aussi bien dans le choix des matériaux utilisés pour le bâtiment et les biens avoisinants (plantations peu combustibles…), que dans les règles de sécurité (interdiction de faire des barbecues…).

Au cœur de cette campagne de prévention, la pratique du débroussaillement est appliquée de manière draconienne dans les espaces situés à l’intérieur ou à moins de 200 m des terrains forestiers dans les départements du Sud de la France. La profondeur de 50 m à respecter autour des constructions peut être portée à 100 m par le maire et jusqu’à 200 m sur décision du préfet. A la charge des propriétaires, son infraction occasionne une amende pouvant aller jusqu’à 30 euros par mètre².

Bien que la rapidité d’intervention soit un atout majeur, il est indispensable que l’Europe mette en place des outils préventifs. Le système d’information météorologique et cartographique par satellite EFFIS (2) pourrait pallier à cette carence en devenant un outil de mise en œuvre de mesures d’anticipation, face à la vulnérabilité croissante des forêts consécutive de vagues de sécheresse de plus en plus soutenues.
Cécile Cassier

1- Le PPRIF est financé par le ministère de l’écologie et du développement durable. A titre indicatif, le budget 2006 était de 2 millions d’euros.
2- Géré par la Commission européenne, l’organe de veille météorologique européen EFFIS (European Forest Fire Information) envoie quotidiennement du 1er février au 31 octobre des cartes de prévention aux services de protection civile et de lutte contre incendies de forêt des Etats membres de l’UE.

SOURCE : www.univers-nature.com


Posté le 27/04/2008 | 25 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Des arbres dans le desert

Des petites gaines pour cultiver le desert, Liberation, 29/12/07
Jeanne Beutter, Reporters d’espoirs

Un procede simple mais revolutionnaire permet de faire pousser
des arbres fruitiers au Sahel.
Certaines innovations nous inspirent des «oui, mais bien sur
!». Celle de Jacques Gasc en fait partie. Ce Francais
d’origine russe ne au Bresil et habitant l’Afrique depuis
quarante-cinq ans est agronome et economiste de formation.
Depuis quinze ans, il plante au Senegal pres de 30 000 arbres
chaque annee, avec comme soutien principal le Rotary
International.
Gaine. Au Sahel, la fertilite du sol n’existe qu’a partir
de 1,50 m de profondeur. Sous les 35 a 40 °C habituels,
l’arrosage en surface s’avere inefficace, l’eau
s’evapore. Les arbres peinent a s’enraciner et meurent.
Le procede Irrigasc, invente par Jacques Gasc, est on ne peut
plus simple. Une gaine en plastique biodegradable de 1,20 m
est plantee a 10 cm de chaque arbre, fermee a sa base, percee
sur un cote et emplie de sable et de compost. En surface, un
reservoir (recupere lorsque l’arbre arrive a maturite)
recoit un litre d’eau trois fois par semaine. Un litre
suffit car l’eau s’ecoule progressivement par les trous
et entretient l’humidite du sol. Les racines de l’arbre
sont entrainees vers le fond et atteignent la terre fertile
en dix-huit mois. Avec dix fois moins d’eau que dans une
plantation classique, les racines peuvent atteindre en
quelques annees jusqu’a 20 metres de profondeur.
L’equipe d’Irrigasc pratique egalement l’arboriculture
fruitiere. Manguiers, anacardiers et gaines d’irrigation
sont distribues gratuitement aux paysans du Sahel. En echange,
ils s’engagent a assurer la bonne sante des arbres, a
creuser un puits sur leur exploitation afin d’etre
autonomes pour l’arrosage et a cloturer leur champ avec
des arbustes epineux pour proteger les plants des animaux
sauvages. Si l’arbre meurt, le proprietaire devra payer
une amende de 1 000 francs CFA (soit 1,50 euro).
«Millionnaires». En quinze ans, seulement trois paysans sur
pres de 5 000 familles ont failli au contrat. Un manguier de
sept ou huit ans peut produire 400 mangues par an a
100 francs CFA piece (0,15 euro). Et les fruits sont bio !
Le procede fait economiser 90 % d’engrais. Les premieres
annees, le revenu annuel des acquereurs est multiplie par
trois, et par pres de dix au bout de huit ans. Certains
journaux locaux parlent meme de «millionnaires» pour
designer les proprietaires des «arbres Irrigasc». «Un
moyen de faire bien avec peu, affirme Jean-Marie Pelt,
botaniste-ecologiste-toxicologue et president de l’Institut
europeen d’ecologie.C’est une revolution pour
l’arboriculture saharienne.»
Apres 500 000 arbres fruitiers plantes depuis 1992 au
Senegal, ce qui represente l’equivalent de 2 500 hectares,
Jacques Gasc continue son action. Ne en 1930, il affirme
avoir encore cinquante ans devant lui. De nouvelles
plantations sont prevues au Senegal, au Mali et au Niger
en 2008 pour enfin «reverdir le Sahel».
solutions/300839.FR.php
En savoir plus :

Posté le 23/02/2008 | 40 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Aptera, moins de un litre au 100km?

En video : moins de 1 litre aux cent kilometres pour l'Aptera, Futura-Sciences, 20/12/07
Jean-Luc Goudet
Cette etrange voiture en forme de goutte d'eau offre peu de
volume interieur mais ne consomme que 0,78 litre tous les cent
kilometres en utilisation citadine.
Resultat d'un projet industriel de plusieurs annees, la Typ-1,
du constructeur californien Aptera, sera commercialisee a la fin
de 2008 en version electrique (Typ-1 e) et l'annee suivante avec
un moteur hybride, electrique et essence (Typ-1 h). Le constructeur
avait etudie une version hybride avec cycle Diesel, plus efficace
selon lui, mais les emissions d'hydrocarbures imbrules et d'oxydes
d'azote (NOx) auraient depasse les normes imposees par l'Etat
californien. Avec sa motorisation hybride, la Typ-1 h descend a
0,784 litre aux cent kilometres (300 miles par gallon en unites
anglo-saxonnes).
Ce chiffre doit cependant etre pris avec distance car, avec la
motorisation hybride, la consommation depend du parcours et
plus precisement de la proportion du temps pendant lequel la
voiture roule a l'electricite uniquement. Si le vehicule
accepte la charge de sa batterie depuis une source externe
– ce qui est le cas de la Typ 1-h –, le calcul est encore
plus difficile puisque, a la limite, on peut rouler sans
essence. Quand elle ne puise que dans sa batterie, la Typ-1 h
dispose ainsi d'une autonomie d'environ 80 kilometres
(elle est de 200 kilometres pour la Typ-1 e). Au-dela, il
faudra bruler de l'essence... Pour un long trajet, de plus
de 500 kilometres, la consommation se stabilisera, d'apres
Aptera, vers 1,8 litre aux cent kilometres. La valeur de
0,78 l/100 km correspondrait a des trajets de l'ordre de
200 kilometres, ce qui couvre les besoins quotidiens en
deplacement de 99 % des habitants des Etats-Unis d'apres
Aptera.
Pionniere d'un genre a venir
Pour parvenir a de telles valeurs, le constructeur a du
oublier les canons de l'automobile traditionnelle. La
recherche d'un aerodynamisme maximal a conduit a une forme
evoquant davantage un avion qu'une voiture (d'ailleurs,
Aptera, aptere, ne signifie-t-il pas « sans ailes » ?).
La Typ-1 n'a que trois roues et deux places avant. Le siege
arriere existe mais on ne peut y installer qu'un enfant, « 
de moins de trois ans » precise le constructeur. On est donc
loin de la berline familiale pour partir en vacances. La voiture
est reservee aux deplacements quotidiens. Aux Etats-Unis, la
faible capacite et ses trois roues presentent un avantage supplementaire :
la Typ-1 peut emprunter, meme avec une seule personne a bord,
les voies de circulation reservees au covoiturage, donc aux
vehicules transportant plusieurs personnes.
L'engin californien futuriste, vendu un peu moins de 30.000
dollars (soit environ 20.000 euros), restera sans doute un
bel objet, confine sur un marche marginal, d'autant que les
lois federales de ce pays sont encore peu incitatives pour
pousser a des vehicules a faible consommation. Le Congres des
Etats-Unis vient tout juste d'adopter un projet de loi
imposant aux constructeurs, pour 2020, une consommation
moyenne pour l'ensemble de leur gamme d'automobiles, de
6,72 l/100 km. Depuis 1975, la limite etait de 8,6 l/ 100 km.
Une telle consommation reste elevee, d'autant qu'il s'agit
d'une moyenne pour toute la gamme, un constructeur pouvant
proposer un vehicule gros consommateur s'il vend aussi une
voiture sobre.
En Europe, les constructeurs parviennent deja a des
consommations bien inferieures. Le projet de loi propose par
Bruxelles de mettre a l'amende les constructeurs vendant des
vehicules trop gourmands pourrait la reduire encore.
La Typ-1 h temoigne surtout d'un mouvement bien entame vers
les motorisations hybrides, mi-thermiques, mi-electriques.
Le succes de la Toyota Prius, qui en est a la version II, a
donne des idees a ses concurrents. Peugeot pourrait bien
proposer une 308 hybride avant que ne sorte la Prius III et
Renault planche sur une Scenic ainsi motorisee. Quant a Honda,
son president, Takeo Fukui, vient d'annoncer que les
hybrides representeront 10 % des ventes de son entreprise en
2010. Les deux projets annees pourraient donc voir fleurir
ces voitures sur nos routes...
t/technologie-1/d/en-video-moins-de-1-litre-aux-cent-kilometres
-pour-laptera_13992/>

Posté le 23/02/2008 | 30 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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